Friday 18th August 2017,
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Une grosse frayeur

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By: Ange Tchetmi Ndjeukoua

Aéroport d’Axoum

Départ prévu pour 16h. Il est 15h 55. En attendant qu’Erin me remette mon passeport et mon billet d’avion, je me rends compte que j’ai encore mes lunettes de soleil. « Ahh, c’est donc la raison pour laquelle je voyais tout sombre », me dis-je. Je devrais vite fait de changer de lunettes. Je dois surement avoir l’air bizarre. Après avoir récupéré mon passeport, je cherche la pochette verte contenant mes binocles en vain.

Mince. Nous voici à quelques secondes de l’heure du départ prévu et je ne les retrouve toujours pas. Je retourne voir Erin qui téléphone tout de suite à l’hôtel où nous résidions : rien, point de pochette.

Même les recherches de Mercy et Jess dans mes bagages ne donnent rien. C’est sûr, je les oubliais en ville. Mais où ?

Un grand dilemme se pose : Dois-je prendre le risque de rater mon vol et retourner à Axoum retrouver mes lunettes. Où dois-je retourner à Addis-Ababa sans ses yeux supplémentaires qui m’ont coûté une fortune ?

Il nya pas de seconde à perdre. Je prends le risque de retourner en ville. Sans elles, j’aurai d’énormes difficultés à lire ou à écrire. Qui ne risque rien, n’a rien.

Après négociation entre Fitsoum et le taximan, me voici de retour dans la ville. Cela faisait depuis longtemps que je n’avais pas autant prié. Je n’avais jamais autant souhaité qu’un avion arrive en retard, jamais. Ni l’âne couché sur le goudron, ni le magnifique paysage ne me distraient de mes ferventes supplications.

Heureusement grâce à l’adresse fournie par Raimi , le chauffeur de taxi se rend directement au restaurant indiqué. Restaurant dans lequel nous avions pris notre dernier repas.

A peine entrée, l’un des serveurs du restaurant me reconnait et me signale que j’ai oublié une pochette verte avant même que je ne lui pose la question. Quel soulagement, je n’aurai plus besoin de faire le tour de la ville pour la retrouver.

Deuxième bonne nouvelle : l’avion a pris plus de retard que prévu, me rassure le chauffeur de taxi. Donc je pourrai voyager avec le reste du groupe.

Très pressée de retourner rejoindre le reste du groupe, le chauffeur m’annonce que l’avion a pris du retard. Plus besoin de paniquer, je voyagerai avec le reste du groupe.

C’est en brandissant mes lunettes telles un trophée que j’entre dans l’aéroport en criant « I found it ». Quelle joie, j’ai envie d’embrasser tout le monde, de les prendre dans mes bras. Je ne sais comment remercier Erin, Raimi, Fitsum, chaque membre du groupe. Chacun d’entre eux souhaitait autant que moi que je les retrouve afin que nous puissions voyager tous ensemble tels que nous sommes venus. Ils, elles avaient pris la peine de prendre tout leur temps afin de retarder le plus longtemps possible le Check-in. Avec cela, je me suis rendue compte que les 2 voyages à Lalibella, et à Axoum avaient consolidé nos liens. Non seulement nous avions beaucoup appris de l’histoire de l’Ethiopie mais nous en sommes sortis plus unis que jamais. Il m’a fallu cette grosse frayeur pour que je puisse m’en rendre compte.

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